Un autre regard:La face cachée de l'art
Un article de territoile.
La chronique mensuelle de Sophie Taam dans l'hebdomadaire Le Patriote
- Autopsie d'une création française
- Le triomphe de la phallo-gérontocratie
- Éros contre Thanatos
- Les artistes viennent de Saturne, les institutionnels viennent de Jupiter
- Essai de taxonomie
Pourquoi je suis co-signataire de la pétition « L’art c’est la vie » par Sophie Taam
texte de décembre 2007 dans le Supplément culturel du Patriote Culture: les masques tombent
Jusqu’à présent, toutes sortes de personnalités, pour dénoncer les dysfonctionnements mentionnés, se sont exprimées à la place des artistes : historiens, critiques d’art… Or, les artistes doivent se réapproprier la parole, le pouvoir , briser le silence et la peur. Ce que fait cette pétition.
Un problème crucial est celui de la vérifiabilité des critères de sélection ou d’exclusion des institutionnels. Si on évoque la visibilité faible et décroissante des artistes français soutenus à l’étranger, les institutionnels crient au sacrilège-mercantilisme ; le peu d’intérêt du public pour l’art contemporain présenté, mesuré en nombre d’entrées à une exposition, ils crient alors au sacrilège-populisme. J’ai reçu une lettre d’un directeur de FRAC, juste un peu plus franc que les autres, qui écrit tout haut ce que tout le monde fait tout bas, disant texto: « votre travail ne peut toucher ma propre sensibilité, j’en suis désolé » Or, un directeur de FRAC n’acquiert pas des œuvres avec son argent pour décorer son appartement à son goût. Il est nommé – et payé - par l’État pour acquérir avec l’argent des contribuables des œuvres qui témoignent , pour une époque et une région données, de la création dans toute sa diversité. Il est urgent de remettre en question ce système sans contrôle, perverti au fil des années. Les artistes doivent être plus présents dans les instances de pouvoir artistiques. En effet, ne sont-ils pas les seuls vrais experts en art? Notre belle région attire constamment de nouveaux talents. Mais une fois qu’ils ont mesuré l’immobilisme, la frilosité et le noyautage institutionnels en place, ils ne restent pas. C’est dommage ! Si les institutions mises en cause ne se recroquevillent pas sous l’effet de la douleur , mais voient au contraire en cette pétition une opportunité saine d’échanges, de réflexion et d’action commune, au niveau national et/ou régional, une nouvelle ère riche en vitalité s’ouvre à l’art contemporain français.

