Artension
Un article de territoile.
Artension publie cette pétition :
le texte de la pétition :
Restaurons le Sens…plutôt que les colonnes de Buren !
On nous annonce le coût exorbitant de la réfection des colonnes de Daniel Buren au Palais Royal : 14 millions d’euros pour l’ensemble du Palais Royal, dont environ 3,2 millions pour la cour d’honneur, dont les colonnes de Buren.
Nous estimons que l’État a suffisamment donné à Daniel Buren et qu’il est temps aujourd’hui d’arrêter d’utiliser l’argent du contribuable pour une œuvre dont la valeur patrimoniale est incertaine.
En outre : la minimalité revendiquée de l’ « outillage visuel » burennien a permis, depuis bientôt 40 ans, à un même artiste, une occupation maximale des dispositifs muséaux nationaux , de l’espace médiatique et de la pensée administrante. Cette omniprésence et cette hyper-visibilité ainsi conférées à ce seul artiste a entraîné une occultation de la richesse et de la diversité des autres expressions artistiques. Elle a ainsi causé un préjudice de reconnaissance à l’ensemble de la création française, qui équivaut à la disqualification d’un patrimoine collectif.
C’est cet aspect - là du problème , au-delà des considérations d’ordre financier, que nous vous demandons de prendre aussi en compte, pour choisir entre réfection et démolition dont les coûts respectifs sont équivalents.
Nous souhaitons également que cette polémique du « pour ou contre la démolition », ne contribue pas à vous faire oublier la situation d’extrême précarité de 80% des artistes français ( 30% des artistes déclarés étant au RMI) et l’état déplorable du marché intérieur de l’art.
Nous voudrions vous rappeler aussi que le projet de loi sur la défiscalisation des achats d’œuvres d’art par les particuliers, proposé par la Maison Des Artistes, nous semble plus important que celui de la restauration ou non des colonnes, car il mettrait fin à 40 longues années de très consternante burénisation de la culture et de l’art en France, et contribuerait vraiment à la seule, nécessaire et urgente restauration : celle du Sens.
Pierre Souchaud
Directeur du magazine Artension

